Velvet Buzzsaw : Lorsque l’art devient assassin !

Velvet Buzzsaw bénéficie d’une critique qui est loin d’être dithyrambique. Pour un film d’horreur, pourtant, le long métrage présente quelques intérêts. Avant d’être une oeuvre d’épouvante, Velvet Buzzsaw est un film de genre. Et c’est peut être dans ce genre où règne « The Purge » que se trouve la meilleure critique de la société post 11 septembre. Notre cupidité symbolisé au plus haut point par l’argent s’empare de tout, de l’art, et même de nous même.

Le point de départ du long métrage du film de Dan Gilroy (le réalisateur de « NightCall ») c’est une exposition. On suit le génial Jake Gyllenhaal transformé en critique artistique narcissique, bisexuel et très respecté dans les travées d’une exposition pour riches (pas très Fiac) à Miami. Et devant nos yeux s’étend l’univers des troglodytes du monde de l’art contemporain. L’art a t-il une importance alors à leurs yeux ?

Alors que l’oeuvre est l’objet de l’exposition, elle devient sous le comportement cupide de tous ses défenseurs un instrument de conquête et de pouvoir. L’art devient comme l’argent un bon serviteur pour les ambitions des hommes. Détrompez vous, les personnages sont finement caricaturaux, ce sont des hyperboles utiles déployées comme dans un tableau de maître. Et l’humour de Gilroy, les situations grotesques, et la fausse naïveté du réalisateur, ne leur donnent que plus de vie.

Puis une assistante trouve un homme mort en bas de son escalier. Elle rentre chez lui et découvre une oeuvre à portée de main que tout le monde trouve génial. Les œuvres sont morbides et obscures. Elles ne sont pas sans rappeler les tableaux d’un certain Max Beckmann(oeuvres de Beckman au dessus), peintre allemand de l’entre deux guerre, qui a dépeint un monde en ruine avant son implosion. Ce peintre décédé connaît un succès fou, mais ses œuvres prennent vie … et sont bien décidés à se venger.

Dingue finalement qu’un film de genre complètement satyrique puisse évoquer autant de questions à un individu ? Mais finalement, le film « God Bless America«  très « malaisant » n’est-elle pas une bonne illustration du phénomène de désespérance, « The Purge » n’est-il pas lui aussi la meilleure critique de la société égomaniaque, « Red State » celle de la folie sectaire comme « Get Out ».

Le film de genre est-il le dernier film « indé » du cinéma américain. Produit par Netflix, « Velvet Buzzsaw » vaut le détour pour les plus de 20 ans…

ZEZ
ZEZ
Fondateur de UrbanTrackz Taffe pour @Rapunchline, @RapGhetto, et de temps en temps @Vice et @Noisey

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